Réplication vs sauvegarde

5 novembre 2026

Réplication et sauvegarde ne protègent pas des mêmes risques : la réplication copie aussi une table de commandes vidée. Pour 30 commandes par heure, un RPO de 2 heures signifie 60 commandes à reconstituer.

Fin septembre, plusieurs études de marché ont annoncé une forte croissance des logiciels de réplication cloud et de stockage d’ici 2030. Cet engouement entretient une confusion fréquente dans le débat réplication vs sauvegarde. La première garde le site en ligne, la seconde permet de revenir en arrière. Une boutique PrestaShop ou WooCommerce a besoin des deux.

Une copie en temps réel ne protège pas d’une donnée corrompue

Prenons une extension WooCommerce mal mise à jour qui vide la table des commandes à 15 h 02. Quelques secondes plus tard, le serveur secondaire l’a vidée aussi.

La réplication de base de données copie en continu un serveur maître vers un serveur esclave. Si un disque lâche ou si un datacenter tombe, le site bascule sur la copie en quelques minutes. Mais l’esclave reçoit tout ce que reçoit le maître : une suppression, une mise à jour ratée, des fichiers chiffrés par un ransomware.

La sauvegarde conserve au contraire des points de restauration datés. Dans une synthèse technique publiée en 2017, e-novatic observe que la plupart des restaurations portent sur des données modifiées dans les 24 à 48 dernières heures. Un snapshot, copie du serveur à un instant donné, complète la sauvegarde sans la remplacer. Le document reprend une statistique ancienne et mal sourcée : une entreprise sur deux fermerait dans les deux ans après une perte de données majeure.

Réplication vs sauvegarde : des objectifs chiffrés pour une boutique

Le RPO (Recovery Point Objective) mesure la quantité de données qu’on accepte de perdre, le RTO (Recovery Time Objective) la durée d’interruption tolérée. Pour une boutique qui encaisse 30 commandes par heure, un RPO de 2 heures représente 60 commandes à reconstituer.

Ce RPO de 2 heures correspond à une sauvegarde traditionnelle, selon la synthèse d’e-novatic, avec un RTO de 3 h 45. Une sauvegarde continue ramène ce délai à 10 minutes environ. La protection continue (CDP), qui enregistre chaque écriture, approche un RPO nul, au prix de questions de cohérence des données.

En hébergement infogéré, le schéma combine les deux mécanismes. La base est répliquée vers un serveur secondaire, prêt à prendre le relais en quelques minutes. La base et les médias partent aussi vers un autre site, sur disque, avec plusieurs semaines de rétention : cette copie isolée reste hors d’atteinte d’un ransomware.

Avant de signer, trois points se vérifient : les RPO et RTO inscrits au contrat, la durée de rétention incluse et la date du dernier test de restauration. Un contrat qui promet la « haute disponibilité » sans sauvegarde externalisée couvre la panne matérielle. Pas la fausse manipulation, ni l’attaque.