Selon le baromètre France Num 2026, 40 % des TPE-PME françaises utilisent l’IA (+14 points), surtout pour générer du contenu, mais seules 19 % paient une solution.
Le baromètre France Num 2026, publié le 28 septembre par la Direction générale des entreprises (DGE), établit à 40 % la part des TPE-PME françaises qui utilisent l’intelligence artificielle, soit 14 points de plus en un an. Cette photographie de l’IA en entreprise en 2026 dit aussi où en sont ces sociétés sur leur site, leurs données et leur sécurité. Sur ce dernier point, le tableau est nettement moins flatteur.
Les reprises ne donnent pas toutes la même taille d’échantillon. La dépêche de l’AFP parle de plus de 9 600 entreprises interrogées, la présentation du ministère de l’Économie de 9 000. Il s’agit de la même enquête, et la formule « plus de 9 000 » reste exacte dans les deux cas.
L’IA en entreprise en 2026 sert d’abord à produire du contenu
Les PME tirent la moyenne vers le haut. Elles sont 53 % à utiliser l’IA, en hausse de 19 points, quand la progression reste plus modérée dans les plus petites structures. Les auteurs du baromètre y voient « une accélération spectaculaire de l’adoption de l’IA ».
Les usages restent simples. La génération de texte, de voix ou d’images arrive en tête avec 34 % des entreprises (+12 points). Suivent les assistants conversationnels et les outils de recherche (24 %, +10 points), l’analyse ou le classement de documents (13 %, +7 points), puis l’automatisation de tâches (11 %, +6 points). Les entreprises se servent donc d’assistants existants. Beaucoup de reprises écrivent à tort que 24 % d’entre elles « créent des chatbots ».
Et la plupart n’y consacrent pas un euro. Seules 19 % paient une solution d’IA (32 % des PME). L’IA n’arrive qu’en cinquième position des priorités d’investissement, citée par 18 % des dirigeants, un chiffre qui mesure une intention de dépense et non un taux d’usage.
Ceux qui paient se disent plus satisfaits. Parmi les utilisateurs, 68 % jugent positifs les apports de l’IA, et 85 % chez ceux qui ont une solution payante. Le baromètre n’explique pas cet écart ; on peut supposer qu’une entreprise qui s’abonne a d’abord identifié un usage précis. Une étude internationale invite pourtant à la prudence avant de souscrire. Mavvrik et Benchmarkit, qui ont interrogé 396 organisations au printemps, constatent que seules 11 % parviennent à prévoir leurs dépenses d’IA à 10 % près. Une facturation à l’usage se surveille comme une ligne de consommation, pas comme une licence.
Site, cybersécurité, facture électronique : les chantiers qui passent avant l’IA
La facture électronique écrase le reste. Elle est la première priorité d’investissement pour 39 % des entreprises, devant l’achat de logiciels (26 %), la formation (21 %) et le matériel (19 %). Le calendrier explique ce classement : depuis le 1er septembre, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, et l’émission deviendra obligatoire pour les PME et les microentreprises au 1er septembre 2027.
Une boutique en ligne qui vend à des particuliers n’émettra pas de facture électronique pour ces ventes. Elle devra en revanche transmettre ses données de transaction à l’administration (l’« e-reporting »), ce qui suppose un module ou un connecteur entre le site et l’outil de facturation.
Le socle numérique, lui, est déjà là. Selon le baromètre, 83 % des sociétés ont au moins une solution de visibilité en ligne, 76 % exploitent leurs données pour piloter leur activité et 78 % prévoient des projets numériques en 2026-2027.
La sécurité inquiète davantage. Sur les douze derniers mois, 39 % des entreprises ont subi un incident de cybersécurité, et 53 % des dirigeants craignent de perdre leurs données ou de se les faire pirater. Si 84 % ont pris au moins une mesure de protection, le détail trahit un déséquilibre : 80 % ont un antivirus, 67 % une sauvegarde externe, et 39 % seulement l’authentification multifacteur (+7 points), qui exige un code en plus du mot de passe.
Pour un site, cet ordre est le mauvais. Un antivirus installé sur le poste du gérant ne protège ni le back-office WordPress ou PrestaShop, ni l’hébergement. Or le compte administrateur d’une boutique reste une cible de choix, et un mot de passe volé suffit à y entrer. La sauvegarde cache un autre piège, fréquent dans les contrats d’hébergement : des copies « quotidiennes » stockées sur le même serveur que le site, qui disparaissent avec lui en cas de panne ou de rançongiciel.
Les contenus produits par l’IA se multiplient sur les sites ; les protections de base suivent moins vite. Avant de souscrire un abonnement d’IA, nous recommandons deux vérifications qui coûtent peu : activer l’authentification multifacteur sur chaque accès d’administration, et obtenir par écrit le lieu de stockage des sauvegardes et leur durée de conservation.


