Alternative VMware en 2026 : 4 options comparées avant renouvellement

20 octobre 2026

Avec des factures VMware en hausse de 100 à 300 % depuis le rachat par Broadcom, Proxmox, Nutanix, Hyper-V et le cloud offrent des alternatives aux coûts et efforts de migration très différents.

Le 2 octobre, DataCore, éditeur de logiciels de stockage, a affirmé qu’une infrastructure bâtie sur les serveurs déjà en place coûtait environ moitié moins cher qu’une plateforme Nutanix comparable. L’offensive vise les clients que Broadcom pousse vers la sortie. Elle rappelle aussi qu’une alternative VMware peut désormais prendre plusieurs formes. Selon l’architecture retenue, la facture, l’effort de migration et le besoin d’accompagnement changent du tout au tout.

Factures doublées, parfois décuplées : pourquoi le marché bouge maintenant

Broadcom a racheté VMware en 2023, puis a mis fin au support des licences perpétuelles, achetées une fois et entretenues ensuite par un contrat de maintenance. Les clients de vSphere et de son hyperviseur ESXi (le logiciel qui découpe un serveur physique en machines virtuelles) sont passés à l’abonnement. Les hausses rapportées vont de 100 à 300 %, et jusqu’à 1 000 % dans certains cas.

Rimini Street et Unisphere Research ont publié le 6 octobre une enquête menée auprès de 269 professionnels de l’informatique, interrogés entre décembre 2025 et février 2026. Neuf sondés sur dix envisagent d’autres solutions à cause du prix des licences. La fin des licences perpétuelles pèse pour 54 % d’entre eux, et 73 % placent les économies en tête de leurs priorités. Près de la moitié (48 %) ne prévoient pas de passer à VMware Cloud Foundation, l’offre groupée vers laquelle Broadcom oriente ses clients.

Envisager n’est pas partir. Saïd Boukhizou, vice-président produit de DataCore, rappelle que plus de 95 % des clients de l’éditeur tournaient sous VMware il y a un an. La hausse de l’adoption de Proxmox qu’il observe ne signifie « pas nécessairement un exode massif », mais traduit « une volonté réelle de changer ». Gartner prévoit que 55 % des entreprises lanceront d’ici 2029 une preuve de concept, c’est-à-dire un test sur un périmètre réduit, contre 25 % en 2026.

Les concurrents accélèrent. Nutanix conteste les calculs de DataCore et dit avoir gagné plus de 3 000 clients sur son exercice 2026. Le grenoblois Vates, qui développe l’hyperviseur open source XCP-ng, a annoncé le 6 octobre une levée de 30 millions d’euros auprès de Bpifrance et du fonds IRIS. Il revendique plus de 1 000 clients, 65 % de croissance en 2025 et une première entrée au Magic Quadrant de Gartner. Avec une offre aussi large, un client qui renégocie son contrat n’arrive plus les mains vides.

Proxmox, Nutanix, Hyper-V ou cloud : quelle alternative VMware pour quel budget

Prenons une agence qui fait tourner une trentaine de machines virtuelles chez son hébergeur, sur des serveurs achetés il y a deux ans. Sa facture dépend d’abord du sort réservé à ce matériel. Proxmox VE, bâti sur KVM, gratuit à l’usage avec un support payant, s’installe sur les machines existantes : aucun serveur à racheter (nous avons détaillé les nouveautés de Proxmox VE 8.4). C’est l’hyperviseur qui progresse le plus chez DataCore, dont les clients sous Proxmox sont passés d’une douzaine début 2026 à plusieurs centaines. XCP-ng joue aussi la carte de l’open source et y ajoute la réversibilité : les clients gardent l’accès au code, même si l’éditeur change de mains. Bull, Cloud Temple et Veeam l’ont adopté.

Nutanix AHV suit une autre logique, celle de l’hyperconvergence, où calcul et stockage tiennent dans les mêmes boîtiers. La plateforme est intégrée, mais impose souvent de renouveler le matériel. D’où l’écart de 50 % avancé par DataCore, valable dans certains scénarios et contesté par Nutanix. Hyper-V, l’hyperviseur de Microsoft, parle surtout aux parcs déjà sous Windows Server. Le cloud public, lui, supprime la question des serveurs mais transforme la licence en loyer mensuel.

Changer d’hyperviseur fait peur. Les sondés de Rimini Street citent la complexité opérationnelle (40 %), la gestion de plusieurs fournisseurs (38 %), la sécurité et les compétences des équipes (37 % chacune). « La résistance principale, c’est le temps », résume Olivier Lambert, PDG de Vates, qui évoque le « vrai traumatisme » d’une migration après quinze ou vingt ans sur VMware. Pour l’amortir, 60 % des organisations envisagent de faire cohabiter plusieurs hyperviseurs et de migrer par lots plutôt que d’un bloc. Et 66 % utilisent ou envisagent un support tiers, d’abord pour la sécurité (60 %) et le déploiement (57 %), soit le travail quotidien d’un infogéreur.

Pour quitter VMware sans casse, le calendrier se construit à rebours, depuis la date de préavis plutôt que depuis l’échéance du contrat : elle se cache souvent dans une clause de reconduction tacite. Premier chantier, l’inventaire des machines virtuelles et de leurs dépendances (bases de données, sauvegardes, réseau). Puis le chiffrage du coût total, matériel compris. Une preuve de concept se mène sur des machines non critiques, par exemple la préproduction d’une boutique en ligne, avant de choisir l’infogéreur qui portera la cible. La bascule se fait par lots, quitte à renouveler VMware un an sur un périmètre réduit.

Trois questions suffisent pour jauger un hébergeur. Sur quel hyperviseur tourneront les sites dans dix-huit mois ? Quelle coupure prévoir pendant la bascule ? Qui paiera la hausse de licence s’il reste sur VMware ? Une réponse floue mérite une relance avant la date de préavis.